Transformation digitale de l'industrie : une opportunité à 1 250 milliards d'euros

Transformation digitale de l'industrie : une opportunité à 1 250 milliards d'euros

Roland Berger estime que si le secteur industriel européen rate son tournant numérique, il engrangerait une perte de plus de 605 milliards d’euros d’ici 2025.

Si le secteur industriel ne parvient pas à tirer profit de la transformation digitale, le manque à gagner s’élèverait à 605 milliards d’euros à l’horizon 2025 pour 17 pays européens*, selon Roland Berger.

En revanche, si le virage numérique de l’industrie est réussi, le cabinet estime une création de valeur ajoutée à hauteur de 1250 milliards d’euros sur les 10 prochaines années.

Le terme d’industrie rassemble des secteurs variés pour qui l’inclusion du digital est plus ou moins évidente, de l’automobile à l’industrie pharmaceutique en passant par l’aérospatiale et les usines de fabrication de produits électriques.

Ainsi, la transformation digitale dans l’industrie avec un grand I, est un processus à plusieurs vitesses, 3 précisément pour Roland Berger. Il y a d’abord les constructeurs automobiles et les entreprises de logistique. Eux sont déjà bien avancés dans la démarche de transformation numérique comme en témoigne la voiture autonome et connectée, qui a fait parler d’elle au dernier CES (Consumer Electronic Show ndrl). Toutefois, ces deux secteurs n’ont pas fini d’évoluer comme le prouve le chantier inachevé de l’optimisation des systèmes de livraisons.

Le changement est doucement en marche dans des secteurs comme les technologies médicales (avec le défi de l’anonymisation de l’agrégation des données du patient), l’ingénierie électrique (en tant que fournisseur de l’Internet of Things), les usines mécaniques (avec le concept d’usine du futur) et les systèmes énergétiques (avec les smart grids). Pour ces types d’industrie, tout se passe comme si l’innovation venait « d’en bas », du produit qu’elles contribuent à fabriquer par exemple ou encore des besoins qu’elles servent et à qui l’innovation s’impose.

Enfin, plus tardivement, la transformation digitale gagnera l’industrie chimique et l’aérospatial. Pour ce dernier, c’est notamment les problématiques de cyber-criminalité et donc de sécurité qui freinent encore la digitalisation.

Quels sont alors les clés de réussite de la transformation digitale dans l’industrie ?

Selon l’étude menée par Roland Berger, 43 % des dirigeants d’entreprise allemands considèrent que la transformation digitale leur permet de réduire leurs coûts, devant l’augmentation des ventes de produits, nouveaux et existants. Les analystes de Roland Berger invite à « prendre le diable par la queue » et mesurer l’envergure de la transformation digitale : considérons la plutôt comme un catalyseur de nouvelles opportunités pour l’industrie, dont les business models seront impactés par voie de conséquence.

Autre bonne pratique : le partage de connaissances entre acteurs de différente nature, sur le modèle de l’organe de conseil allemand NEP (Nationale Plattform Elektromobilität) qui réunit des membres du ministère de l’économie et de l’industrie, des associations spécialisées dans la recherche, des constructeurs automobile et des fournisseurs de technologies mais aussi des syndicats. Ensemble, depuis la création du NEP en 2010, ils œuvrent à faire de l’Allemagne un leader parmi les fournisseurs d’électromobilité.

Faire de la transformation digitale de l’industrie un succès passe nécessairement par la création de synergies similaires à l’échelle européenne. Le Plan Juncker, qui comporte une enveloppe de 315 milliards d’euros en vue d’investissements stratégiques pour relancer la croissance, est d’ailleurs une initiative à relever en ce sens.

* Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Irelande, Italie, Luxembourg, les Pays Bas, Portugal, Espagne, Suède, la Grande Bretagne, la Norvège et la Turquie (les pays de l’Union européenne qui ne figurent pas dans la liste ont été exclus par manque de données sur leur secteur industriel)

Par Par Pauline Canteneur | 22 avril 2015 | voir article source


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