Plateforme LMS : centrale à la stratégie de formation, mais plus si seule…

Plateforme LMS : centrale à la stratégie de formation, mais plus si seule…

Pour Xavier Voilquin, Training Operations Director de Medtronic (leader mondial des appareils chirurgicaux), si le LMS est encore central à la stratégie de formation, il doit néanmoins faire un peu de place à nombre d’autres approches digitales… En filigrane de ses propos : l’avènement des APIs (à commencer peut-être par xAPI) pour supporter les nouveaux usages apprenants…

La plateforme LMS est-elle un outil indispensable à votre stratégie de formation ?

Xavier Voilquin : Le Centre de Formation Europe de la division MITG de Medtronic, implanté à Strasbourg, poursuit plusieurs axes stratégiques. Dès l’apparition du digital et depuis lors, nous avons constamment étudié dans quelle mesure il pouvait être utile à nos stratégies de formation. La question du LMS s’est bien sûr posée très rapidement, et nous avons vite constaté que la plateforme est par essence au centre de notre stratégie dont elle fait écho à tous les axes.

Par exemple, nous avons souhaité décliner une personnalisation de masse pour individualiser l’apprentissage : or, non seulement on peut se connecter au LMS quand on veut et de n’importe où, mais encore les modules sont associés à des mots clés qui permettent à l’apprenant de faire des recherches autour de ses besoins propres. Autre exemple : bien que nous essayions de planifier notre activité sur l’année, en tant que fonction support, nous devant néanmoins réagir rapidement aux besoins du business : là où notre centre de formation doit se préparer à accueillir une formation concernant une centaine d’employés, le LMS ne nécessite qu’un PC et une connexion ! Et si la formation doit vraiment se faire sur site, le LMS gère l’enregistrement des participants aux classes présentielles.

Le LMS suffit-il pour supporter tous les aspects du Digital Learning à Medtronic ?

Xavier Voilquin : L’explosion du digital, la multiplication des canaux, son imbrication dans nos vies privées font que l’expérience de l’apprentissage en mode digital ne se circonscrit pas au LMS. Pour une entreprise globale comme la nôtre, l’apprentissage se déroule aussi à l’intérieur des nombreuses applications développées en interne, ou via notre RSE (NDLR : réseau social d’entreprise), les différentes instances de notre CRM, les sites Sharepoint, etc. ! Le LMS n’est plus le seul media digital susceptible d’accueillir l’apprentissage en mode digital de notre public. Et je ne parle même pas ici des médias utilisés dans la sphère privée…

Comment réconcilier votre souhait d’individualiser la formation face à la multiplication de ces outils digitaux ?

Xavier Voilquin : A mon sens cela oblige tout d’abord à avoir une réflexion sur la stratégie de publication des supports de formation digitaux. Par exemple, on peut décider de publier les supports sur le LMS mais aussi sur des applications internes populaires chez votre cible, afin d’être sûr de la toucher d’une façon ou d’une autre.

Par ailleurs, l’individualisation de la formation peut aussi s’envisager à travers une meilleure connaissance de chacun des apprenants, en essayant d’avoir une cartographie liée à l’apprentissage de chaque employé. Dans la mesure où l’apprentissage digital se fait dans différents systèmes (encore une fois : LMS, CRM, etc.), nous réfléchissons à la mise en place d’APIs susceptibles de nous donner la vue la plus précise possible des différents parcours digitaux de chacun, et fondons de bons espoirs dans xAPI. Par exemple si nous arrivons à interfacer demain le LMS et le CRM avec une API, nous aurons une belle opportunité d’offrir au business des analyses de type ROI (NDLR : retour sur investissement de la formation) !


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